Étapes 1-13

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Étape 1 – Bordeaux

Un départ humide pour le Tour Hivernal ! Après des semaines ensoleillées à Bordeaux, le ciel était gris et il a plu presque continuellement lors du parcours entre Bordeaux centre et Sauveterre de Guyane, à environ 50 km.

Une ligne de chemin de fer désafectée entre le littoral et les vignobles a été transformée en piste cyclable. Magnifique circuit sur les collines, jalonné d’anciennes gares devenues offices de tourisme, cafés ou résidences privées.

Heureusement, quelques éclaircies ont illuminé la course, qui a dû s’interrompre un peu prématurément, à cause de travaux sur la piste cyclable où il était impossible de continuer, même avec l’efficace cyclo-cross Sibbo.

Le parcours s’est terminé au magasin Cyvea, distributeur local de Pelago, pour les dernières vérifications sur le vélo avant le réel départ du Tour.

Étape  2 – Ile de Ré

En été, cette île atlantique en face de La Rochelle est un vrai paradis pour les cyclistes : belles routes, paysage plat, soleil, petits villages et une distance de trentaine kilomètres entre le phare, au point le plus éloigné de l’île, et le pont reliant l’île au continent.

Durant l’hiver, l’île était maintenant déserte mis à part quelques touristes et quelques habitants. La route était toute à moi et le temps agréable malgré le froid et le vent. L’île de Ré est une destination très attractive aussi en février.

Étape 3 : Vannes – Plumelec

L’été prochain le premier contre la montre du Tour (étape 8) aura lieu en Bretagne, entre Vannes et Plumelec, un petit village situé à 30 km de la côte.

J’ai effectué la course sous le soleil et un vent glacé et dans des conditions parfaites pour le contre la montre : d’abord une route ascendante, puis à la fois descendante et montante en virages avant une arrivée sur une longue montée. Ce sera passionnant de suivre la course à la télévision ou sur place, et c’était vraiment une étape agréable à faire.

Étape  4 – Carnac

Le 2 février, j’ai effectué une courte étape sur un site touristique breton : Carnac est un site préhistorique regroupant quelques 3500 rochers et menhirs répartis sur 4 km en forêt.

En été les terrains sont fermés et les pierres ne sont visibles que depuis des points d’observation. Mais maintenant, en hiver, j’ai pu flâner et rouler au milieu des rocs presque tout seul. Vraiment fascinant !

Étape  5 – Mont Saint-Michel

Le Mont St-Michel est vivant aussi en hiver, mais bien moins qu’en été. Même si la route reliant le continent au promontoire du vieux monastère était en rénovation, il était possible de rouler sur son long. La marée était basse et la mer très éloignée, mais la route permet l’accès également à marée haute.

Je n’étais jamais allé au Mont, et comme je le craignais, il s’agit d’un site envahi de touristes. J’ai fait demi-tour et suis reparti.

A propos, même s’il est possible de parcourir le Mont pour découvrir ses points de vue uniques, il est très difficile d’y circuler ou même d’y apporter un vélo. La ville a de petites rues inclinées (et remplies de gens) et des escaliers. Il vaut mieux laisser son vélo à l’extérieur, sur les parkings dédiés.

Étape  6 – Livarot – Deauville

Le jour suivant a commencé avec la première averse de neige. La nuit avait été froide et neigeuse et la gelée du matin a recouvert la végétation, créant un mémorable pays des merveilles.  Malheureusement le soleil avait tout fait fondre dès midi, ne laissant que quelques taches blanches dans les zones ombragées dur mon étape entre Livarot et Deauville, via Lisieux et Pont L’Evèque.

Livarot sera la ville de départ de la 7eme étape du Tour de France 2015 et la région est déjà décorée de vélos et inscriptions souhaitant la bienvenue au Tour dans la ville célèbre pour son fromage.

Comme j’étais dans le département du Calvados, j’ai fait une halte shopping au Chateau du Breuil, avant de m’arrêter à Lisieux, où j’avais suivi en 2011 le sprint final (très serré entre Edvald Boasson Hagen, Matthew Goss & Thor Hushovd) lors du Tour de France. C’était bien plus froid et moins peuplé maintenant.

Et finalement, avant le coucher du soleil j’ai atteint Deauville, célèbre station balnéaire normande et destination de la jet-set parisienne. Deauville est aussi connue pour le festival du film américain. Je n’y ai pas croisé de star américaine mais j’ai vu leurs noms sur les célèbres cabines de plage.

Étape  7 – Le Havre et Étretat

La course du jour suivant a commencé avec un clin d’oeil à Aki Kaurismäki, le réalisateur finlandais qui a tourné il y a quelques temps au Havre un film dans la ville éponyme. Dans l’univers de Kaurismäki, les gens sont seuls, les paysages réalistes, déserts et calmes. Donc ma course a commencé au port du Havre avant de continuer le long de la côte jusqu’à Étretat, un petit village célèbre pour ses falaises, comme de l’autre côté de la Manche.

Le temps était nuageux avec des averses éparses de pluie et de neige – comme dans un film de Kaurismäki. Ce fut donc une course mémorable – spécialement quand je suis arrivé sur la plage, en bas de la falaise, près d’un bunker allemand de la Seconde guerre mondiale.

Étape 8 – Roubaix

Un classique : Paris-Roubaix avec ses pavés. Cela devait être inclus dans le Tour hivernal, aussi parce que les étapes 3 et 4 du Tour de France de cette année auront lieu sur ces petites routes de campagne qui vous remuent sauvagement.

Non, les pavés ne sont pas une partie de plaisir à vélo, Oui, ça vaut quand même la peine de le faire, et j’aimerais recommencer. Et oui, c’était très boueux – de même que mon vélo – après 80 km sous le vent frais hivernal avec des éclaircies ensoleillées alternées d’averses de neige.

A propos, les longues lignes droites du traditionnel Paris-Roubaix sont indiquées clairement et il y a d’autres pistes cyclables agréables pour de courtes ou longues randonnées à vélo dans la région. Le seul inconvénient est que les balises, normalement claires et fréquentes, manquent à certains endroits essentiels. Il est donc conseillé de se munir d’une carte ou d’un smartphone.

Étape  9 – Champagne

Une autre course rapide de 40 km sous le vent le long de la route touristique des vins avec beaucoup de noms et paysages facilement reconnaissables. L’étape s’est achevée à Epernay et au petit village d’Ay, juste à côté.

Pour les voyageurs finlandais, Ay est naturellement charmant : AY est le code pour la compagnie aérienne Finnair. Et lorsque que les avions Finnair effectuent leur approche finale vers l’aéroport d’Helsinki,  sur la piste orientée à l’est, ils tournent au-dessus de la ville de Sipoo, ou Sibbo en suédois. C’était donc un honneur de conduire mon vélo Sibbo en Ay.

Étape 10 – De Dijon à Beaune via Nuits-Saint-Georges

La course suivante était encore plus vinicole puisqu’elle longeait l’une des meilleures régions du monde pour la production de vin. La Côte d’Or de Bourgogne est connue pour ses Chardonnay et ses Pinots Noirs.

Mais la course a commencé à Dijon car le vélo avait besoin d’un nouveau boulon. Les pavés de Roubaix ont prélevé leur dû et des pièces manquaient déjà en Champagne, rendant le parcours un peu difficile. Heureusement le personnel efficace de la boutique de vélos Valandro a pu effectuer les réparations pour la somme modique de 5 euros. Merci !

Après avoir quitté Dijon, j’ai roulé vite sur la route nationale jusqu’à Nuits-Saint-Georges, le centre de la région vinicole, puis j’ai continué vers le sud jusqu’à Beaune. De là j’ai flâné sur la route des vins qui longe la colline, de village en village, qui portent des noms à faire fondre tous les amateurs de vins : Vougeot, Vosne-Romanée, Gevrey-Chambertin, Fixin etc… J’ai résisté à la tentation de la dégustation mais j’ai bu un peu de jus de raisin fermenté local pour accompagner mon repas en arrivant à l’hôtel au moment du coucher du soleil.

Étape 11 – Alpe d’Huez

Après une longue route en montagne, je me suis retrouvé en plein paysage hivernal à Bourg-d’Oisans, juste en aval d’un classique du Tour de France : la station de ski de l’Alpe d’Huez. J’ai installé les pneus d’hiver, mis de gros vêtements chauds et commencé la première ascension sérieuse de ce Tour Hivernal.

Il faisait réellement froid, mais beaucoup moins après quelques kilomètres de pédalage. J’ai dû me changer deux fois sur le bord de la route pour enfin parvenir à ne plus trop transpirer.  C’était absolument magnifique ! Le paysage était baigné de soleil et la température extrêmement agréable.

Les étapes de montagne dans de telles conditions sont un pur plaisir !

Étape 12 – Mont Ventoux

D’un classique du Tour à l’autre : le géant de Provence, le Mont Ventoux.

J’ai effectué l’ascension de cette montagne de près de 2000m de haut de nombreuses fois en été, au printemps et à l’automne, mais jamais en hiver. Mais en débutant l’ascension, le mot hiver devenait exagéré avec une température supérieure à 10 degrés, me ramenant à l’échelle d’un printemps ou d’un jour froid d’été finlandais.

Je savais désormais comment m’habiller pour une étape d’hiver en montagne et j’avais des vêtements coupe-vent assez chauds dans mon sac à dos.

Au sommet de la montagne on pouvait sentir l’hiver. La station de ski était ouverte et les derniers kilomètres de la route menant au célèbre observatoire du Ventoux étaient fermés à la circulation. Ce n’était pas seulement difficile de rouler avec de petits pneus étroits mais surtout c’était strictement interdit du fait du risque d’avalanche.

Le jour était encore ensoleillé et magnifique et la course excellente. Jusqu’à présent le Tour hivernal a eu beaucoup de chance avec la météo, ne connaissant qu’un seul jour de pluie, lors du départ à Bordeaux. Lors de mes étapes ensoleillées au nord, le sud a beaucoup souffert de la neige avec un trafic automobile chaotique, et maintenant que je roule dans le sud,  la neige se cache sur le sommet des montagnes.

Le Mont Ventoux revisité

Durant toute la nuit, le rêve de refaire l’ascension du Ventoux m’a hanté, aussi j’ai décidé d’y retourner au matin, mais de l’autre côté de la montagne. Il y a trois routes qui mènent au Ventoux, l’une depuis Malaucene via Chalet Liotard et les deux autres via Chalet Reynard depuis Bédoin et Sault.

J’ai pris cette fois la route de Bédoin, je suis monté jusqu’à Chalet et j’ai continué aussi longtemps que la route était ouverte… et plus loin encore. C’était facile de passer la barrière et de continuer. La route sur la face sud était bien dégagée pour le personnel travaillant dans la tour de télécommunications et la chaleur du soleil gardait l’asphalte visible.

Le célèbre mémorial Simpson était recouvert de neige, ne laissant apparaître que la tête.

La route est devenue glacée et neigeuse juste avant le sommet et j’ai dû avancer un peu à pied. Mais j’ai finalement pu terminer à vélo jusqu’au sommet avec une forte respiration. Pas de camion vendant des saucisses, comme toujours en été, et le magasin de souvenirs était fermé. Quelques piétons se sont approchés et d’après les employés de France Télécom, j’étais le tout premier cycliste de 2015 au sommet du Ventoux.

Après tout cela, la descente fut très plaisante, et particulièrement grâce au plein soleil, bien plus chaude que la veille.

Étape 13 – Roussillon

Plus tard le même jour je me suis arrêté à Roussillon, un village pittoresque de Provence, plusieurs fois élu plus beau village de France. Il est célèbre pour ses falaises ocre et pour sa localisation au sommet d’une colline de même couleur.

Seuls quelques touristes déambulaient dans le village, où tout ou presque était fermé ou en réparation. L’hiver est utile pour préparer le site à l’arrivée des masses de touristes en été.

Et le village est aussi charmant en hiver, mais un peu endormi.