Étapes 14-21

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Étape 14 – Avec l’équipe FdJ

Ensuite l’itinéraire du Tour hivernal a dévié de la route prévue, après avoir  reçu une invitation du cycliste professionnel finlandais Jussi Veikkanen à rejoindre le camp d’entrainement de l’équipe Française des Jeux pour suivre ses membres pendant une journée. J’ai commencé le matin du vendredi 13, sans porter malheur,  à rouler avec Jussi et deux autres membres de l’équipe (ainsi qu’un scooter !) mais j’ai dû abandonner après seulement 5 km. Les pros sont les pros et le Pelago Sibbo n’est pas un vélo de course ; c’est un vélo parfait pour la distance, avec un comportement sportif, mais ce n’est pas un vélo de course. Et je ne suis pas un coureur.

J’ai donc fait un tour des collines de Provence de mon côté avant de retourner à la base pour parler avec les mécaniciens de l’équipe – tous fans des jolies formes du Sibbo- en attendant le retour de l’équipe.

Le jour suivant j’ai fait un tour avec Jussi, depuis sa maison près d’Aix en Provence, dans un superbe paysage, idéal pour rouler sur les collines. Mais malheureusement le temps nuageux et presque pluvieux  a rendu la course moins spectaculaire- mais en tout cas une étape mémorable, n’ayant jamais auparavant roulé avec des pros ou un champion finlandais ! Merci Jussi !

Etape 15 – Sète

L’étape suivante était le calme village méditerranéen de Sète, célèbre pour ses résidences de vacances et son port de pêche. La course a commencé sous les nuages qui ont finalement été balayés par le vent, dégageant le ciel au-dessus de la mer et de la charmante ville. Je connaissais déjà Sète et j’y retournerai certainement – c’était aussi très agréable cet hiver avec une température de près de 15 degrés, même si la plage et les terrasses sont préférables en été.

Étape 16 – A l’assaut du Tourmalet

Je savais que l’ascension du Tourmalet serait sans aucun doute l’étape la plus difficile du Tour mais cela s’est avéré encore plus dur que je l’imaginais, à cause de la météo. De la soyeuse et chaude Méditerranée la veille, je suis passé à l’eau sous toutes ses formes : liquide, neigeuse, brumeuse, glacée, sous une température d’un petit degré. S’y sont ajoutés le vent, l’attitude et les longues dénivelées de 12 % , conditions propices à l’emploi fréquent du mot finlandais «perkele».

Mais les jurons m’ont aidé à rejoindre La Mongie, une station de ski d’où s’élance la route jusqu’au sommet, le Col du Tourmalet. Je n’ai pas pu aller plus loin cette fois car la route s’est arrêtée, recouverte par les pistes de ski. Impossible donc de continuer, ce qui n’était pas pour me déplaire au vu de mon état de fatigue. J’étais assez satisfait de me reposer un peu à La Mongie avant de repartir.

La descente fut presque aussi difficile que la montée car -comme chacun le sait- descendre à travers les nuages froids et humides est proprement glaçant. Même si j’avais des vêtements supplémentaires avec moi et des triples gants, j’ai dû m’arrêter de temps en temps lors de la descente.

Pour la première fois lors de ce Tour, j’ai pensé, après cette étape, que je ne le referai jamais en hiver. Mais en même temps, j’étais très heureux de l’avoir fait !

Étape 17 – Pau

Le jour suivant, les Pyrénées étaient totalement différents et l’ascension vers La Mongie aurait été bien plus facile. En regardant les montagnes enneigées et ensoleillées depuis l’esplanade de Pau, j’ai presque décidé d’y retourner et de prolonger mon Tour d’une journée – mais j’étais déjà en retard, aussi je n’ai fait qu’une jolie ballade dans Pau et ses alentours.

Pau est une jolie petite ville faisant face aux Pyrénées. Elle est connue pour son funiculaire reliant le boulevard à la gare et elle abrite un des plus célèbres châteaux de France, qui servit de résidence aux rois de Navarre et qui eut plus tard une part importante dans l’histoire de la Monarchie française. Henri IV y est né, et le Roi de Suède Charles XIV, le premier Bernadotte, est originaire de Pau.

Comme partout ailleurs durant ce Tour, la ville, bondée en été, était maintenant quasiment vide. Le château était en rénovation, mais j’ai pu librement rouler dans le jardin du château, ce qui est normalement strictement interdit.

Étape 18 – Puy de Dôme

Lorsqu’on évoque la France, on oublie souvent son centre. Surprenamment, il y a des volcans- certains officiellement toujours actifs, mais en sommeil depuis fort longtemps, et des montagnes. L’un des plus fameux est le Puy de Dôme, un symbole de la ville de Clermont-Ferrand (qui est aussi la ville de la famille et des pneus Michelin.)

C’est le large dôme de lave d’un ancien volcan qui s’élève à 1500 mètres. Il y a un temple gallo-romain dédié à Mercure et il a servi à de nombreuses expériences scientifiques depuis 1648, quand Florin Périer a mis en évidence que les observations barométriques étaient dues au poids de l’air en mesurant les hauteurs du mercure dans un tube.

La montagne occupe une place proéminente dans l’histoire du Tour de France. En 1964, Raymond Poulidor a disputé l’ascension côte à côte avec Jacques Anquetil dans un des moments les plus célèbres du Tour. Le Tour est passé la dernière fois en 1988 et ne reviendra sans doute jamais, la route étroite étant encore plus resserée à cause d’un chemin de fer reliant les parkings au sommet.

Il est même interdit de passer à vélo depuis la construction des rails. Je le savais mais pensais pouvoir passer tout de même en hiver. Il semble que je n’étais pas le seul car les panneaux d’interdiction étaient nombreux et la barrière munie d’une alarme. Les avertissements étaient visibles et la sanction assurée. Les vélos étant interdits dans le train, il n’est possible de monter au Puy en vélo que les jours où sont organisés des événements cyclistes. Cette année, ce sera le 14 juillet.

Heureusement les alentours et toute la région d’Auvergne sont parfaits pour le vélo. Je n’avais pas de temps pour une longue boucle autour des volcans mais j’ai pu faire une étape de 50 km jusqu’à une altitude de 1000 mètres et finalement apercevoir le sommet du Puy de Dôme percer l’épaisse couche nuageuse.

Étape 19 – Amboise

Tout le monde connait Leonard de Vinci, mais il est moins connu qu’il est mort en France. Voici la version courte dune longue histoire : en 1499, les Français sont entrés à Milan et en 1506, le gouverneur français de Milan, Charles d’Amboise, est devenu ami avec Léonard. En 1516, quand il subissait la concurrence de Raphael et de Michel-Ange, stars montantes de la peinture et de la sculpture, Leonard a accepté une invitation du Roi François Ier à se rendre en France. Après un long et difficile voyage à travers les Alpes à dos de mule (chargé de la Joconde et de deux autres peintures) , il s’est installé au château du  Clos Lucé et a servi en qualité de Premier peintre, ingénieur et architecte du roi jusqu’en 1519, où il mourut au Clos Lucé à l’age de 67 ans.

De nos jours, Amboise, les alentours du Clos Lucé et toute la vallée de la Loire sont parfaits pour le cyclisme, grâce à de longues pistes cyclables et un très beau paysage. C’est pourquoi j’ai décidé d’y effectuer ma dernière course avant Paris et de visiter la région et de me documenter sur les dernières années de Léonard.

Malheureusement le temps était gris et pluvieux, mais je ne me suis pas plaint, car les conditions météo lors de ce Tour ont été bien meilleures qu’espéré – presque trop bonnes, considérant l’objectif de voir la France en hiver.

La principale différence entre l’été et l’hiver était fort visible à Amboise : l’absence de touristes et les rénovations à la basse saison. La course a été agréable et la pluie peu gênante quand on porte des vêtements adéquats. Bien sur la boucle aurait été bien plus agréable sous le soleil.

Étape 20 – De Sévres à Paris

Puis la grande finale : Paris. J’ai décidé de parcourir ce dernier jour entre la banlieue et Paris, depuis Sèvres qui abritera le départ de la dernière étape du Tour de France cette année.

Situé près du célèbre Versailles au sud-ouest de Paris, Sèvres est à la bordure des vastes et charmants parcs forestiers de Meudon et Saint-Cloud (Il y a de merveilleuses zones cyclables près de Paris !) avec un accès facile au Bois de Boulogne, d’où on rejoint le centre de Paris par de bonnes pistes cyclables.

Faire du vélo à Paris était un cauchemar, mais c’est devenu possible. Grâce aux pistes cyclables et au Vélib’ il y a de plus en plus de cyclistes à Paris. Il convient de rester constamment attentif aux très nombreux scooters et voitures, mais inutile d’avoir peur de Paris.

Cela étant, avec ou sans vélo, je ne peux que conseiller d’éviter les zones touristiques (même en hiver) telles que l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel. Il y a tant d’autres choses à voir à Paris, et le vélo permet d’aller plus loin et de ressentir le coeur de la ville.

J’ai bien sur descendu les Champs-Elysées, ou une partie, s’agissant d’un classique du Tour de France ; mais il était bien plus agréable de continuer vers Le Marais pour rencontrer les amis au magasin de vélo – le seul distributeur de Pelago à Paris. C’était la fin officielle du Tour hivernal même si j’ai roulé ensuite jusqu’à mon logement à Velizy à travers Meudon (et sa longue et difficile ascension, une plaisanterie après les vraies montagnes)

Et l’étape 21 ?

Oui, il y a toujours 21 étapes au Tour de France, et il y’a eu une 21e lors de ce Tour hivernal, mais elle était très différente : la course cycliste de Cape Argus au Cap le 8 mars. J’ai eu du travail à faire en Afrique du sud et j’ai apporté mon Sibbo pour participer à la plus grande (et le plus belle) course du monde et lui montrer l’hémisphère sud !